C’est une illustration efficace pour représenter le concept, mais je vais garder la pyramide et la métaphore des blocs : il nous faut une base solide pour éviter que notre projet s’effondre.
La pyramide de l’organisation
Prenons comme exemple, Lola, qui pour ses 18 ans organise son anniversaire : elle a l’ambition de faire une grosse fête.
Quels sont les besoins qui vont permettre à l’évènement d’avoir lieu ?
- À la base de la pyramide, on trouve le lieu : une maison pour être à l’abri, des toilettes, de l’électricité, du chauffage, de l’eau potable, une cuisine ;
On pourrait s’arrêter là. Les gens amèneraient des bouteilles, ça serait une soirée simple. Mais Lola veut faire mieux :
- une équipe pour faire les courses (gobelets, boissons, nourriture, etc.), une équipe pour installer (ménage, déplacer des meubles, poser des nappes, brancher une sono) ;
- des amis qui acceptent de rester sur place pour ranger le lendemain ;
- les animations bonus : une playlist, un gâteau d’anniversaire, des plus grosses enceintes, une machine à fumée et des lumières ;
- la bonne idée : un karaoké
Pour Lola, c’est une évidence, c’est la présence de la bonne idée qui va marquer les esprits et rendre son anniversaire inoubliable. Lola va donc passer beaucoup de temps (et d’énergie) à concrétiser son karaoké au risque d’oublier des éléments de base de notre pyramide. Ce n’est pas toujours grave, peut-être qu’il n’y aura pas suffisamment de buffet ou de gobelet, cela ne devrait pas trop se ressentir sur l’ambiance générale. Mais un cumul de manquements (trop froid, pas de PQ, etc.) et le karaoké ne suffira pas à éviter le drame d’une mauvaise soirée.
Manquements et conséquences
Ce qui compose nos premiers étages peut être en partie des évidences (avoir de l’électricité), ou moins connu de l’organisatrice débutante (ne pas laisser le ballon d’eau chaude en mode économique, provisionner suffisamment de papier toilette, etc.). Ces oublis, ce sont les premières briques manquantes dans l’édification de notre évènement au risque de voir s’écrouler l’ensemble. Nombreuses de mes galères vécues auraient pu être très simplement évité si on y avait réfléchi : l’ordinateur qui fait une mise à jour pendant la soirée, la playlist qui est sur internet dans une zone où l’on ne capte pas, une installation électrique trop faible pour cumuler le chauffage et la cuisine, une maison d’été qui n’est pas équipée en chauffage l’hiver…
Pour Lola, si le lieu manque de chauffage, ses invités s’emmitoufleront dans des plaids et rigoleront d’avoir dû faire du vin chaud en septembre. Mais dans des projets plus ambitieux (professionnels ou non) les conséquences peuvent être bien plus dures à assumer.
De mon expérience, ces oublis sont en général compensés par une surcharge de travail (et des achats non prévus) et créent des conflits interpersonnels entre les membres de l’équipe d’organisation. On perd de l’argent, du temps et on arrive même plus à se désengager du processus. C’est le meilleur moyen d’aller au burnout et/ou de briser des relations.
Savoir identifier ses bases
Chaque secteur possède des besoins spécifiques. Si j’en crois un ami à moi qui organise des soirées mémorables, les bases d’une bonne teuf sont : un lieu, des invités, de la musique. Et sans cette base, pas la peine d’aller plus loin. Il a même défini très précisément ces trois points :
- un lieu : accessible, confortable, propre, ni trop petit, ni trop grand, etc. ;
- les invités : en plus des amis, il a les membres qui vont assurer la bonne ambiance : ceux qui seront toujours sur la piste de danse, ceux qui font le show, etc. ;
- la musique : qui permet de danser, agréable pour les puristes, accessible pour les néophytes…
Mon ami a identifié ce qui est sa base nécessaire (ses briques fondamentales) et les décors, les DJ, ou le buffet arriveront plus tard dans sa liste des priorités alors que ses soirées comportent plusieurs DJ, plusieurs buffets et beaucoup de décoration (ces soirées sont vraiment mémorables !). Son secret, c’est d’avoir une définition précise de chacune de ses briques et de s’assurer que celles-ci soient présentes avant de passer aux étages suivants.
Assurer la base, assurer son confort
Finalement, toute la difficulté va se trouver dans cette expertise que de savoir définir ses fameuses briques. Pour Lola, l’apprentissage va se faire d’anniversaire en anniversaire, pour mon ami, c’est l’expérience de 30 ans d’organisation qui le guide.
Dans le cadre professionnel (ou associatif) l’enjeu va se placer dans la compréhension par l’ensemble des parties de ce qui doit être priorisé. Dans le cadre d’une animation en entreprise, où place-t-on les ressources ? Dans le lieu ? Dans le repas ? Dans la sono ? Dans les animations ? Tout cela sera un jeu de balance, de choix de la part des organisateurs qui devront accepter de sécuriser une base avant de pouvoir s’offrir des effets Wahou.
Ces bonnes idées qui sont nos pires ennemies
Un effet Wahou, c’est un moment fort de votre évènement, c’est une particularité qui va s’imprimer dans le souvenir de vos invités. Et c’est souvent l’idée qui est à la base du projet, celle qui va donner une coloration particulière et rendre le moment unique. C’est donc une de ses briques qui se trouve en haut de la pyramide, à la fois non nécessaire au bon déroulement et tellement importante pour rendre le moment mémorable. Et tout le danger est là : il ne faut pas que nos ressources (en temps ou en argent) soient drainées par la brique du dessus au détriment des briques du dessous.
Gérer son projet : le QCD (Qualité – Coût – Délai)
Quand on commence à remplir sa pyramide des besoins, on en vient à devoir équilibrer ses ressources (et pas que financières). Moi, j’utilise le triangle Qualité Coût Délai :